La course à la finale du Mondial 2030 reste ouverte. Alors que le Maroc, l’Espagne et le Portugal préparent ensemble l’organisation de la compétition, la FIFA a tenu à rappeler qu’aucun stade n’avait encore été officiellement désigné pour accueillir le dernier match du tournoi.
Interrogé vendredi 11 septembre par l’Agence France-Presse, un porte-parole de l’instance internationale a renvoyé à la position déjà exprimée le 5 août dernier. « Une décision sera prise par la FIFA en temps voulu », a-t-il indiqué, coupant court à toute interprétation selon laquelle le choix serait déjà arrêté.
Les déclarations de Lekjaa relancent le débat
Cette mise au point intervient après les déclarations de Fouzi Lekjaa, président de la Fédération royale marocaine de football et membre du Conseil de la FIFA. Lors d’un rassemblement politique organisé à Bouznika, le responsable marocain avait assuré que la finale se jouerait dans la province de Benslimane.
Le Maroc mise sur le futur Grand Stade Hassan II, dont la capacité annoncée avoisine les 115.000 places. L’enceinte, actuellement en construction, constitue l’un des principaux arguments du Royaume dans la course à l’organisation de la finale.
Les propos de Lekjaa ont d’autant plus retenu l’attention qu’ils ont été prononcés en pleine campagne électorale. Également membre du bureau politique du Parti Authenticité et Modernité, il avait déclaré que Benslimane accueillerait la finale « que cela plaise ou non à certains ».
L’Espagne ne lâche pas le Bernabéu
Madrid n’entend pas céder le terrain. Rafael Louzán, président de la Fédération royale espagnole de football, a réaffirmé les ambitions de son pays et écarté toute idée de retrait de l’Espagne de la course à la finale.
Dans un entretien accordé à l’émission El Partidazo de COPE, il a rappelé que l’organisation du Mondial repose sur des accords conclus entre les trois pays hôtes, leurs gouvernements et les instances concernées. Pour lui, l’Espagne dispose des infrastructures et de l’expérience nécessaires pour accueillir le match décisif.
Le Santiago Bernabéu apparaît comme le principal candidat espagnol. Entièrement modernisée ces dernières années, l’enceinte du Real Madrid dispose d’un poids historique et symbolique que les responsables espagnols entendent faire valoir face au projet marocain.
Louzán a également relativisé la portée des propos de Fouzi Lekjaa, qu’il replace davantage dans le contexte politique marocain que dans le processus officiel de désignation du stade.
Une rivalité qui se joue aussi en coulisses
Au-delà des déclarations publiques, la bataille s’annonce également diplomatique et institutionnelle. La presse espagnole évoque des relations parfois froides entre les fédérations marocaine et espagnole malgré leur coopération au sein de la candidature commune.
L’analyste sportif Elías Israel estime notamment que le Maroc aborde cette phase avec une organisation structurée et plusieurs atouts dans son jeu. Selon lui, les discussions internes à la FIFA et le rôle de son président, Gianni Infantino, pèseront également dans les arbitrages à venir.
Le dossier dépasse donc largement la comparaison entre deux stades. Il touche à la répartition des matchs, au poids des fédérations, aux équilibres entre les trois pays organisateurs et à la gouvernance générale d’un Mondial réparti sur plusieurs territoires.
Akhannouch appelle à la prudence
Au Maroc, les propos de Fouzi Lekjaa ont également suscité une réaction politique. Aziz Akhannouch a appelé à ne pas anticiper une décision qui relève encore du processus commun entre le Maroc, l’Espagne, le Portugal et la FIFA.
Lors d’un meeting dans la province de Médiouna, le chef du gouvernement a insisté sur la nécessité de respecter les partenaires de la candidature et de ne pas présenter l’accueil de la finale comme un fait acquis avant l’aboutissement des discussions.
Il a également mis en garde contre toute récupération électorale des grands projets nationaux. Akhannouch a rappelé que la construction du Grand Stade Hassan II à Benslimane relevait d’une décision royale et d’un financement public, estimant que ces infrastructures ne pouvaient être attribuées à une personnalité ou à un parti.
Hassan II contre Bernabéu, deux dossiers de poids
À ce stade, deux enceintes semblent concentrer l’essentiel de l’attention. Le Maroc avance le Grand Stade Hassan II, appelé à devenir l’un des plus grands stades de football au monde, tandis que l’Espagne défend le Santiago Bernabéu, vitrine du Real Madrid et du football européen.
José Mourinho s’est lui aussi invité dans le débat vendredi. L’entraîneur portugais a dit préférer une finale à Madrid, tout en reconnaissant qu’il aurait aimé voir Lisbonne accueillir l’événement. À ses yeux, le Bernabéu dispose de l’histoire, du prestige et du rayonnement nécessaires pour recevoir une finale de Coupe du monde.
Selon les scénarios relayés par les médias espagnols, la répartition actuellement évoquée comprendrait neuf sites en Espagne, six au Maroc et trois au Portugal. Cette configuration reste toutefois à confirmer.
Les prochaines réunions de la FIFA et les futures visites techniques devraient permettre d’affiner la carte du Mondial 2030. Quant à la finale, malgré les déclarations de Rabat et Madrid, une seule décision sera déterminante : celle de la FIFA.


